Lauréats du prix Charles Bocquet

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2015 : Hervé Philippe

Hervé Philippe a commencé ses travaux de recherche à l’université de Paris-Sud-Orsay dans le laboratoire du professeur André Adoutte. Après la disparition de celui-ci, il a intégré l’équipe de Hervé Le Guyader à l’université de Paris VI ; maintenant rattaché au laboratoire de théorisation et modélisation de la biodiversité à la Station d’écologie expérimentale de Moulis. Il est par ailleurs professeur à l’université de Montréal (Canada) où il dirige une équipe de biologie évolutive au département de biochimie (centre Robert Cedergren). Auteur d’environ 150 publications et excellent conférencier, il est un pédagogue apprécié.

Ses travaux de recherche, qui lui ont valu une notoriété internationale, tant pour les résultats qu’il a obtenus que par les méthodes qu’il a développées, portent essentiellement sur les phylogénies moléculaires. Il a abordé les différents niveaux taxinomiques dans des lignées phylogénétiques très variées, contribuant de façon majeure aux progrès de la connaissance sur la phylogénie des Archea, des Métazoaires et des Algues. Pour accroître le fiabilité des reconstitutions phylogénétiques, il a développé des méthodes impliquant l’accroissement du nombre des échantillons, des critères, des séquences, des taxons, et s’est intéressé aux artefacts liés à l’attraction des longues branches et aux hétérochronies.

Ses résultats confortent la théorie selon laquelle les Spongiaires sont monophylétiques et le groupe-frère des autres animaux, dont s’isolent d’abord les Cténaires, puis les Cnidaires, puis les Placozoaires, qu’il considère comme étant le groupe-frère du reste de l’ensemble du règne animal. Il a montré que les Myxozoaires se rattachaient aux Cnidaires, que les Acoeles et les Xénoturbellides appartenaient aux Deutérostomiens, que les Urochordés (et non les Stomochordés comme on l’avait d’abord pensé) étaient le groupe-frère des Vertébrés, et que les Tardigrades étaient le groupe-frère de l’ensemble des deux lignées Arthropodes et Onychophores.

2012 : Pierre Capy (pierre.capy [at] legs.cnrs-gif.fr)

Pierre Capy, né en 1957, s'est orienté vers la recherche en génétique en suivant les enseignements du DEA de Génétique quantitative et appliquée. Son initiation à la recherche s'est faite à l'occasion d'un stage à la station d'amélioration génétique des animaux du centre de recherches zootechniques de l'INRA à Jouy-en-Josas, portant sur les relations entre le complexe majeur d'histocompatibilité et les caractères de production chez le porc. Ce travail a donné lieu à une publication (annales de génétique et sélection animale). Il s'est ensuite engagé dans les recherches conduites par Jean R. David au laboratoire de génétique évolutive et biométrie du CNRS (dont Charles Bocquet a été directeur de 1966 à 1977) sur la génétique des populations naturelles de drosophiles, travaillant d'abord d'un point de vue plutôt théorique sur l'utilisation dans ce genre d'études de la technique d'échantillonnage par lignées isofemelles (descendances obtenues au laboratoire de femelles récoltées individuellement, fécondées par un nombre a priori indéterminé de mâles), puis plus généralement sur la variabilité, notamment pour les caractères à variation continue, entre populations naturelles de Drosophila melanogaster et D. simulans . Ceci a donné lieu d'abord à une thèse de troisième cycle, puis à une thèse d'Université, soutenues à l'Université de Paris-Sud, respectivement en 1982 et 1987.

L'activité de recherche de Pierre Capy s'est ensuite poursuivie intégralement dans le même laboratoire, devenu par la suite le LEGS (laboratoire évolution, génomes et spéciation), toujours avec pour matériel biologique favori les drosophiles, mais avec une thématique qui a considérablement évolué. Aux analyses presque purement quantitatives du début se sont ajoutées des études portant sur des gènes bien identifiés, notamment le gène de structure de l'alcool-déshydrogénase, dont la variation a été abordée à la fois au niveau populationnel et au niveau moléculaire, et surtout, vers 1990, des recherches sur les éléments transposables initiées lors d'un stage post-doctoral aux Etats-Unis à la School of Medicine de la Washington University dans l'équipe du professeur D.L. Hartl de 1990 à 1991. Ces recherches (plus particulièrement sur l'élément mariner) ont permis d'aborder l'évolution et la classification des transposons eux-mêmes ainsi que leurs effets sur les populations des espèces hôtes. L'ensemble de ces travaux a donné lieu à plus de 100 publications, pour la plupart dans des revues d'excellent niveau, pour moitié sur le thème « éléments transposables » et pour moitié sur la génétique écologique, la génétique quantitative et la génétique évolutive (trois domaines entre lesquels les limites ne sont pas claires).

Après un début de carrière comme chercheur au CNRS, Pierre Capy a consacré une large part de son activité à l'enseignement, d'abord par détachement, puis par titularisation comme professeur à l'université Paris-Sud où il a été rapidement investi de responsabilités : il est actuellement président du département de biologie de la faculté des sciences. Il a en outre de grosses responsabilités en matière d'administration de la recherche : direction du LEGS et direction de l'IDEEV (institut « diversité, écologie et évolution du vivant », récemment créé, qui regroupe le LEGS, incluant une unité propre de l'IRD, la station de génétique végétale du Moulon, et le laboratoire « écologie, systématique, évolution », auquel sont associées plusieurs autres unités du « grand campus Gif-Orsay »).

2009 : Jean Deutsch / 2006 : Guillaume Lecointre / 2003 : François Bonhomme / 2000 : V. Volobouev / 1997 : Hervé Le Guyader / 1994 : Pascal Tassy / 1991 : G. & N. Pasteur / 1988 : G. Bernardi / 1985 : H. Tintant / 1982 : Michel Solignac / 1979 : Jean Génermont