Lauréats du prix Henri Gadeau de Kerville

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2015 : Philippe Keith, en reconnaissance de l’ensemble de son œuvre scientifique sur les organismes aquatiques et sa contribution aux collections du Muséum national d’histoire naturelle

Philippe Keith est depuis 2004 professeur au Muséum national d’histoire naturelle (département milieux et peuplements aquatiques). Sa thèse de doctorat, soutenue en 1998, est intitulée : Évolution des peuplements ichtyologiques de France et stratégies de conservation (Université de Rennes, 236 p.).

Spécialiste des poissons d’eau douce, il a récemment été co-auteur de la description d’une nouvelle espèce de brochet endémique du sud-ouest de la France, Esox aquitanus, auparavant confondue avec le brochet commun, Esox lucius. Mais il a essentiellement travaillé sur les poissons exotiques, notamment des DOM-TOM  (Guyane, dont il est l’auteur d’une faune des poissons en trois volumes ; Martinique) et des îles indo-pacifiques : Réunion, Polynésie Française, Nouvelle-Calédonie, Comores, Mascareignes, Seychelles, Wallis et Futuna, d’où il a décrit de nombreuses espèces, notamment appartenant à l’ordre des Gymnotiformes.

Il s’est plus particulièrement intéressé aux espèces des milieux insulaires d’origine volcanique, faisant alors aussi bien appel aux techniques traditionnelles qu’à la biologie moléculaire. Il est coauteur de l’Atlas des poissons d’eau douce de France, réalisé en grande partie à partir de ses propres observations sur le terrain et l’auteur du Livre Rouge des espèces menacées de poissons d’eau douce de France. On lui doit environ 130 articles scientifiques.

2012 : le prix a été décerné à deux chercheurs

  • Marc Eleaume (eleaume [at] mnhn.fr)

Docteur du Muséum national d'histoire naturelle en systématique et évolution et, depuis 2007, maître de conférences de cette même institution, Marc Eléaume possède un dynamisme scientifique certain qui se traduit par 22 publications, 4 rapports d'expertises et 31 présentations orales à des congrès nationaux et internationaux . Passionné , il participe activement à la formation des étudiants et a encadré une dizaine d'étudiants dont deux thèses. Homme de terrain, il a participé à plusieurs campagnes océanographiques, principalement en Antarctique, et a même été chef de mission d'une de ces campagnes. Il s'est fortement impliqué dans la gestion des collections non seulement en s'occupant de la collection Echinodermes - Ascidies mais en augmentant de façon significative les collections d'invertébrés marins grâce aux missions antarctiques auxquelles il a participé. Il s 'est également fortement impliqué dans la diffusion des connaissances, notamment au travers de la coréalisation d'un site internet dédié aux Echinodermes.

Spécialiste reconnu des Crinoïdes, il a été invité pour des périodes d'un mois par le Museum Victoria (Australie) en 2008 et en 2010 ainsi que par National Institute for Waterand Atmospheric Research (Nouvelle Zélande) en 2009 et 2010 et en tant qu'Antarctic Curator - In - Residence Program accordé par le National Museum of Natural History (U S A ) en 2009.

Ses recherches depuis son doctorat se sont élargies à l'ensemble du benthos, dans des environnements différents et en intégrant une optique de gestion e t de conservation de l'environnement. Parallèlement à son activité de recherche, de gestion des collections et d'encadrement d'étudiants, Marc Eléaume a de nombreuses responsabilités. Il est ainsi depuis 2009, éditeur pour Zootaxa et depuis 2011, éditeur des Crinoidea pour le Register of Antarctic Marine Species (RAMS), dans le cadre du SCAR - MarBIN (Scientific Committee on Antarctic Research, Marine Biodiversity Information Network). Depuis 2011, il est porteur du projet PHYCRIN (PHYlogénie des CRINoïdes) financé par le programme bibliothèque du vivant. Il a su développer une importante expertise sur le benthos antarctique qui lui a permis de prendre une part active à l'établissement d'aires marines protégées dans l'océan Austral.

  • Stéphane Grosjean (sgrosjea [at] mnhn.fr)

Après un DEA sur la mésofaune de la litière du massif des Maures à l'Université de Provence Aix-Marseille I, Stéphane Grosjean a obtenu son doctorat au Muséum national d'histoire naturelle sur un sujet traitant de l'apport des caractères larvaires à la phylogénie des Amphibiens. Il a su s'approprier le sujet et devenir un des spécialistes mondiaux sur l'étude de la morphologie et anatomie des larves des anoures. Une position d'ATER de deux ans au Muséum lui à permis d'acquérir les méthodes modernes de la taxinomie en étudiant les séquences génétiques dans d'un projet ambitieux de barcoding. Actuellement il participe à un grand programme de phylogénie avec l'American Museum of Natural History (New York) qui tente de faire une synthèse de l'apport de la morphologie et des molécules aux hypothèses de parenté d'un groupe d'amphibiens modernes, les Natanura.

En s'intéressant aux têtards, à leur morphologie et leur anatomie, Stéphane Grosjean est devenu un expert international sur un sujet longtemps ignoré. Si d'un point de vue théorique il semble évident de s'intéresser à l'ensemble des stades ontogénétiques dans la reconstruction de la phylogénie, dans la pratique cela pose de nombreux problèmes notamment en allouant des larves aux formes métamorphosées. Quand Stéphane Grosjean a commencé son travail sur les Amphibiens, la détermination spécifique des larves demandait l'élevage jusqu'à la métamorphose dans des conditions de terrain : camps en forêt, visites des serpents prédateurs, accidents qui mettent en échec des semaines d'efforts. Stéphane Grosjean n'a pas seulement dépassé ces problèmes et constitué des collections d'une grande valeur, mais il a acquis des méthodes d'études originales et ainsi obtenu des données uniques. En les appliquant aux analyses cladistiques il a ainsi intégré ces caractères larvaires pour la première fois dans des hypothèses de phylogénie des Ranidae et Megophryidae.

De ces résultats et des poursuites de sa démarche originale, Stéphane Grosjean a publié plus de 30 articles dans des journaux internationaux. Ses publications sont connues pour le soin et le sérieux concernant les descriptions et les figures qu'il prépare lui-même. Il est membre de plusieurs sociétés savantes et éditeur du seul journal de batrachologie, Alytes. Il est très apprécié par la communauté scientifique en tant que rapporteur pour les journaux scientifiques de son domaine. Stéphane Grosjean est estimé comme conférencier par la clarté et la pédagogie de ses exposés. Pendant sa carrière il a pu former des étudiants de master et en thèse aux méthodes d'études des larves, particulièrement des étudiants des pays du Sud qui manquent de formation et d'expertise.

Il a enrichi les collections des reptiles et amphibiens du Muséum par l'intégration de ses collections de recherche, soit 6000 têtards déterminés au niveau spécifique. Il a aussi participé à l'intégration des collections de divers donateurs, notamment la très riche collection Maxime Lamotte et la collection Alain Dubois.

2009 : S. Lefrère / 2006 : H. Lecomte-Finiger / 2005 : O. Brosseau / 2002 : A. Ansart et C. Zatylny / 1999 : M.-H. Coutelec et A. Quilhac / 1996 : G. Lecointre / 1993 : S. Haloti / 1990 : N. Yonow / 1987 : M. Mathieu / 1984 : J. Castanet, P. Gabrion et Ph. Le Gall / 1981 : J. Durand / 1978 : J.-P. Mocquart / 1975 : J.-P. Gasc / 1972 : L.-C. Gallien / 1969 : N. Fargeix / 1966 : A Collenot / 1963 : A. Brosset / 1962 : M. Vivier / 1961 : J. Prévost / 1960 : J.-C. Beetschen / 1959 : A. Beaumont / 1958 : F. Rullier / 1957 : A. Chabaud / 1956 : C. Houillon / 1955 : C. Lévi / 1954 : P. Laviolette / 1953 : Th. Lender / 1952 : M. Lamotte / 1951 : F. Bubois / 1950 : R. Godet / 1949 : L. Arvy / 1948 : A. Souleirac / 1947 : A. Jost / 1946 : C. Desportes / 1945 : C. Devillers / 1944 : G. Bobin / 1943 : H. Bouxin / 1942 : J.-H. Vivien / 1941 : J. Le Calvez / 1939 : J. Thomas / 1938 : H.-F. Heim de Balsac / 1937 : A. Pruvot-Fol / 1936 : L. Gallien / 1935 : R. Herpin / 1934 : O. Tuzet / 1933 : G. Petit / 1932 : A.-H. Dorier / 1931 : M. Abeloos / 1930 : P. Fauvel  / 1929 : M.-L. Verrier / 1928 : A. Pézard / 1928 : M. P. Mathias